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« Plus il y aura de femmes … plus ça pourra donner des vocations »» - Amélie Grandjean
Amélie Grandjean est responsable adjointe logistique au sein de Samson Regulation. Pour cette ingénieure, ambassadrice du projet européen « Empowering M-Women in Industry », il faut lutter contre les préjugés inconscients qui associent certaines compétences à un genre plutôt qu’à une personne.
Qu'est-ce qui vous a amené à intégrer l'industrie ? Quel est votre parcours ?
À la suite de mes études d’ingénieur en matériaux et des différentes expériences acquises lors de mes stages, je me suis naturellement orienté vers l’industrie. J’ai eu l’opportunité de débuter ma carrière dans l’industrie aéronautique, un secteur qui m’attirait particulièrement et qui a confirmé mon intérêt pour le milieu industriel. Par la suite, j’ai choisi d’évoluer vers le secteur de la mécanique, en intégrant le domaine de la vanne industrielle. Cette transition m’a permis de conserver un lien étroit avec la production, un aspect de l’industrie que j’apprécie particulièrement.
Comment définiriez-vous votre rôle dans la performance globale de votre entreprise ?
Mon rôle dans la performance repose avant tout sur un management opérationnel de l’équipe logistique. J’accompagne l’équipe afin de garantir sa performance collective, avec pour objectif d’assurer la livraison des pièces dans les délais et avec le niveau de qualité attendu. Cela passe par le pilotage de l’activité, l’analyse des difficultés rencontrées et la mise en place d’actions correctives. Je contribue également à la réflexion sur les investissements et les projets d’amélioration nécessaires pour renforcer la performance et préparer les évolutions futures.
Selon vous, d'où vient l'idée selon laquelle les femmes seraient moins compétentes en technique et en sciences dans l'industrie ?
Il y a encore un manque de modèles féminins ou de mentors auxquels les femmes peuvent s’identifier. À l’école notamment, la plupart des figures mises en avant sont masculines, ce qui limite la visibilité des parcours féminins. Cette absence de représentations féminines rend plus difficile pour les jeunes filles de se projeter.
Avez-vous déjà été confrontée, directement ou indirectement, au préjugé selon lequel la force physique serait un frein pour les femmes dans les métiers industriels ?
Dans le secteur de la logistique, la question du port de charges peut parfois créer des préjugés sur les profils à recruter, en orientant inconsciemment les choix vers certains candidats plutôt que d’autres.
Pensez-vous que certaines tâches industrielles sont encore perçues comme réservées aux femmes, notamment celles liées à la précision ou au soutien, et pourquoi ?
Certaines tâches industrielles, comme celles demandant de la précision ou liées au soutien, restent encore stéréotypées “féminines”. Cela vient surtout de l’histoire des métiers, du manque de modèles et des préjugés inconscients qui associent certaines compétences à un genre plutôt qu’à une personne.
Comment l'évolution des outils, des process et de l'automatisation transforme-t-elle la place des femmes dans les métiers opérationnels ?
Les métiers évoluent : la pénibilité diminue, les tâches et les flux se transforment. Grâce à la robotisation et aux nouveaux outils, les métiers opérationnels deviennent plus attractifs et offrent de nouvelles perspectives d’emploi.
Que révèle selon vous l'expérience de terrain sur la capacité réelle des femmes à occuper des postes opérationnels dans l'industrie ?
D’après moi, les femmes peuvent tout à fait occuper des postes opérationnels dans l’industrie. Il faut juste que l’entreprise en ait la volonté et que les personnes soient compétentes. Plus il y aura de femmes sur ces postes, plus ça pourra donner des vocations et en plus, ça crée un meilleur équilibre dans les équipes.