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L’industrie française engagée dans le bas carbone
Plus du quart de la production de chaleur est déjà d’origine renouvelable, mais il faut continuer à la décarboner et la France en a la capacité ! Des exemples d’investissements tant R&D que d’aménagements du territoire fleurissent.
« Ceux qui s'engagent tôt dans la décarbonation bâtissent l'avantage compétitif d'aujourd'hui et de demain ; ceux qui attendent s'exposent au déclassement », prévient Laurent Kraif, président de Perfesco, dans une tribune des Echos. Selon un rapport de l'International Energy Agency (IEA), les investissements d'efficacité énergétique ont généré un retour sur investissement supérieur à 10 % pour de nombreuses entreprises industrielles au cours des cinq dernières années.
Et la France dans tout ça ?
L’Édition 2024 du Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération commandé par L’AFPG, le CIBE, la FEDENE, le SER et UNICLIMA, avec le soutien de l’ADEME, révèle que malgré une augmentation de la production issue de sources d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R), la chaleur renouvelable ne représente encore que 27,8 % de notre consommation de chaleur en 2023. Grâce à un bouquet de solutions matures et performantes qui valorisent de nombreuses ressources locales renouvelables et de récupération (biomasse, chaleur du sous-sol, chaleur fatale, déchets ménagers, chaleur de l’air ambiant, etc.), la France a tout pour réussir cette transition énergétique en s’appuyant sur des décisions politiques fortes plaçant les territoires au cœur de l’équation.
Un exemple à suivre chez les fondeurs
Après trois années et demie d’échanges et d’innovation, le Programme Développement de la compétitivité par l’innovation stratégique pour le futur de la fonderie (Decisiff) ouvre la voie vers une fonderie française plus agile, durable et prête à relever les défis de l’électrification. Financé par le Plan de relance, le programme collaboratif Développement de la compétitivité par l’innovation stratégique pour le futur de la fonderie (Decisiff) a réuni cinq fondeurs français – Groupe SAB, Fonderie Lorraine, Saint-Jean-Industrie, ID Casting et GMD Eurocast – et le Cetim pour accélérer la mutation de la filière. Son ambition : moderniser les procédés, renforcer la compétitivité et réduire l’empreinte environnementale.
« En trois ans et demi, et plus de 25 000 heures de R&D, les développements menés en coopération ont permis des avancées significatives sur trois axes majeurs : la fabrication additive métallique et le Conformal Cooling (canaux de refroidissement suivant les formes des moules pour optimiser le processus) pour des outillages, la data science pour exploiter les données de production, et la réduction de l’empreinte environnementale des produits et procédés », explique-t-on du côté du Cetim. Et de poursuivre, « Les résultats obtenus ouvrent la voie à un renforcement de la performance opérationnelle des partenaires et à la réduction de leur impact environnemental ». Ce modèle collaboratif, soutenu par la Direction générale des entreprises (DGE), la Plateforme automobile (PFA) et BPI France, a été salué par les représentants de BPI pour « la force d’un collectif original ». Les résultats sont là, et la dynamique se poursuit avec les projets collectifs Thermout, Fonderie sous pression et Perfod engagés par le Cetim.
Chantier de décarbonation pour renforcer l'attractivité économique verte du territoire
Les territoires ne sont pas en reste, avec l’exemple de Marseille qui prévoit sa transition énergétique de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. C'est un programme d'investissement jamais vu depuis la création de la zone industrialo-portuaire, il y a soixante-deux ans, que vient d'entériner le nouveau plan quinquennal stratégique du Grand Port maritime de Marseille, responsable de son aménagement.
« Ce chantier de transition énergétique va faire du site un hub maritime multi-énergies de référence en Méditerranée », plaide Hervé Martel, président du directoire dans les colonnes des Echos. Rien moins que 1,3 milliard d'euros vont y être consacrés d'ici à 2030, soit quatre fois plus que le précédent plan. Il accompagne un engagement industriel chiffré entre 15 milliards et 20 milliards d'euros qui réduira de moitié, à terme, les émissions de gaz à effet de serre de l'une des plus grandes zones industrielles du pays (10.000 hectares et plus de 40.000 emplois). Sur site, nous révèle les Echos, figure un ensemble d'aménagements et de modernisation des infrastructures destiné à accompagner « une nouvelle économie verte » et à renforcer l'attractivité logistique du port. Il s'agit par exemple de favoriser l'émergence d'un cluster de production d'énergies et de carburants bas carbone. En la matière, le port s'est déjà bien positionné pour le trafic de gaz naturel liquéfié (GNL), dont l'activité a enregistré une hausse de 40 % depuis 2024. Il entend également gagner la bataille de l'hydrogène avec, notamment, l'accueil de l'usine de production de carburant durable pour le maritime et l'aéronautique NeoCarb.
En conclusion
La nouvelle économie verte s’installe dans toutes les strates de l’industrie, et même si notre consommation de production issue de sources d’énergie renouvelable et de récupération est perfectible, la France possède de nombreux atouts !