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La blockchain pour les débutants

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'industrie du futur sans jamais oser le demander ! A travers cette nouvelle rubrique, Global Industrie fait le point pour vous sur les grands thèmes de l'industrie 4.0

 

Aujourd'hui : la blockchain… ou plutôt LES blockchains !

 

L'avènement du Web 3.0

 

La blockchain, telle qu'elle est définie par Blockchain France, est "une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle". Ce protocole informatique fait le buzz depuis 2018 avec son cortège de promesses autour de la certification, de l'automatisation et de la traçabilité. L'enjeu : aller vers une industrie plus sûre à l'heure du Big Data.

 

Comment cela fonctionne-t-il ?

 

De nos jours, la data devient une valeur. C'est sur ce point que réside la révolution internet promise par la blockchain. Internet constitue en effet un réservoir sans fond de data, via les informations échangées sur les sites et les réseaux sociaux par ses 4,176 milliards d'utilisateurs. En outre, c'est devenu un espace numérique marchand sur lequel sont échangés des biens et des valeurs. Il faut donc savoir exploiter ces données pour servir au mieux son activité car l'enjeu est réel : d'ici 2020, 33% des développeurs travailleront sur des outils Big Data alors que chaque seconde, chaque utilisateur générera 1,7 mégabit de données et que 200 milliards d'objets seront connectés.

 

Avec la blockchain, on passe au Web 3.0.

 

Le 1.0 correspond aux débuts d'internet puis à son développement grâce aux navigateurs, avec comme usage principal pour l'utilisateur de bénéficier des données disponibles et de les multiplier. Le 2.0 voit l'arrivée des réseaux sociaux, l'utilisateur interagissant avec le contenu et générant ainsi un grand nombre de données. Grâce à la blockchain, on arrive aujourd'hui au Web 3.0, celui des transactions, qui permet d'échanger des valeurs, transformant l'internaute en consommateur et acteur économique sur la sphère internet.

 

La révolution des cryptomonnaies

 

Cet échange de valeurs a été rendu possible, à la base, par l'invention majeure de la cryptomonnaie.

 

Le fameux Bitcoin, protocole informatique qui permet d'échanger une monnaie virtuelle de manière décentralisée, de pair à pair et sans tiers de confiance, apparaît en 2009. Il s'agit alors d'une petite révolution mais qui ne génère "que" 8 transactions par seconde, ce qui est relativement peu.

 

La deuxième blockchain à voir le jour, Ethereum, permet de passer à 16 transactions par seconde et développe le concept du "Smart Contract", bout de code qui permet d'exécuter des actions dans des conditions préalablement définies par les parties concernées.

 

Mais 16 transactions par seconde est encore très peu si l'on souhaite développer une monnaie internationale : un système de visas peut en effet engendrer jusqu'à 24 000 transactions par seconde. Des développeurs ont donc travaillé à des services de plus en plus instantanés. Dash et le Lightning Network apparaissent alors. Ce dernier est en fait un réseau en surcouches du réseau Bitcoin qui permet d'effectuer des transactions offchain de manière instantanée grâce à l'ouverture de canaux entre les utilisateurs avant d'être répliquées par la suite sur la chaîne Bitcoin.

 

Depuis 2009, plus de 2 050 cryptomonnaies ont ainsi vu le jour, démontrant une effervescence de la recherche de la part des développeurs qui travaillent sur l'internet 3.0. Leur capitalisation actuelle est de 130 milliards de dollars, soit encore un petit marché. Mais très prometteur. Il est d'ailleurs intéressant de constater la domination du Bitcoin : plus de 50% de cette capitalisation est sous cette monnaie qui rassure du fait de son ancienneté.

 

Or toutes ces cryptomonnaies utilisent des protocoles à blockchain. Parler de LA blockchain n'est donc pas correct : il en existe plusieurs.

 

Les différents protocoles de blockchain

 

La blockchain Bitcoin est en fait non pas une seule mais tout un bouquet de technologies agencées les unes aux autres pour permettre d'échanger de la valeur de manière décentralisée.

 

Sa pierre angulaire est la cryptographie asymétrique, science apparue après la Seconde Guerre Mondiale, qui permet à la fois de chiffrer un message et d'authentifier son destinataire. Autre socle, datant cette fois de la fin des 70's, la signature électronique permet d'authentifier des documents numériques. Le "Time-Stamping", depuis les 80's, autorise le fait d'horodater. Mais la première blockchain n'apparaît réellement que dans les 90's avec la "Chain of Time-Stamp" qui évite que l'objet ainsi créé ne soit dupliqué tout en permettant de vérifier la transaction sans passer par une banque.

 

Ceci a été rendu possible par deux technologies :

 

 1  - PROOF OF WORK (preuve de travail)

Qui valide les transactions et déchiffre les blocs d'informations chiffrées. Ce système permet de vérifier le solde de l'émetteur. Il est aussi très critiqué car il suppose une puissance de calcul très énergivore. Des cryptomonnaies plus vertes se sont donc développées autour de la "Proof of Stake" (preuve d'enjeu) : parce que l'utilisateur possède des cryptomonnaies sur ce réseau, il n'a pas intérêt à tricher et est donc fiable et apte à valider les transactions. Il existe aussi d'autres modèles de consensus (plus de 40 en tout), dont la "Delegated Proof of Stake" où l'on vote pour les personnes qui nous représentent. L'innovation n'est donc pas encore arrivée à sa fin !

 

 2  - PEER2PEER

Réseau décentralisé qui "désintermédie" les technologies. Sa première forme est celle d'une ferme centrale dans laquelle sont indexés tous les liens qui donnent accès à l'information. Une véritable innovation en termes de cybersécurité puisqu'il n'y a qu'un seul point de faille, le point central, dont la seule protection permet donc de sécuriser tout le réseau. Or lorsque le FBI s'est rendu compte que des plateformes comme Napster ou Shéhérazade n'utilisaient pas cette technologie à bon escient, il s'est attaqué à ce point de faille… Est alors apparu un réseau en "Peer2Peer" nouvelle génération qui est "distribué" : si un point est attaqué, tous les autres prennent le relais.

 

Une blockchain, c'est tout cela rassemblé : une immense base de données nouvelle génération, forte de ses multiples fonctionnalités et distribuée sur un réseau.

 

Bitcoin naît ainsi fin 2009 dans le contexte de la crise des subprimes pour redonner au peuple un peu de pouvoir sur ses instruments financiers en lui offrant une monnaie virtuelle décentralisée. Elle agit comme un grand livre de comptes qui enregistre toutes les transactions et est partagé entre tous les membres du réseau. Avec les technologies qu'elle regroupe, si quelqu'un voulait intervenir sur ce livre, tout le monde s'en rendrait donc compte. Ce qui la rend de facto infalsifiable.

 

 

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Le 20/11/2019