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30 septembre 1870 : Jean Perrin, le père de l'électronique

Que s'est-il passé cette semaine dans l'Histoire de l'industrie ? C'est pour répondre à cette question que Global Industrie vous invite à retrouver, de façon hebdomadaire, un fait historique qui s'est produit ces jours-ci… en d'autres temps.

Nous vous proposons un retour 150 ans en arrière dans la belle ville de Lille où voit le jour un scientifique de génie dont les recherches bouleversent toujours le monde d'aujourd'hui…

 

BIENVENUE CHEZ LE CH'TI

 

Lorsque Jean Perrin pousse ses premiers cris ce 30 septembre 1870 dans la Capitale des Flandres, où son père, capitaine d'infanterie, est alors en garnison, nul ne se doute évidemment du destin exceptionnel qui attend ce beau bébé. Lequel semble béni des dieux puisque lorsqu'il intègre en 1891 la prestigieuse Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm à Paris, ses camarades, impressionnés par son physique pour le moins avantageux, le surnomment "l'Appolon"

 

IN THE AIR TONIGHT

 

Ce n'est pourtant pas ce type de "physique" qui occupe le jeune homme. Ce travailleur acharné se passionne en effet pour la recherche scientifique. Il entreprend ainsi de résoudre l'énigme de la nature des rayons cathodiques et des rayons X. Sont-ils lumière ou matière ? Et c'est ainsi qu'en 1895, à peine âgé de 25 ans, il parvient à apporter la preuve qu'ils sont constitués de corpuscules d'électricité négative. La découverte des électrons va alors donner naissance à une nouvelle science qui va révolutionner à la fois l'industrie et nos vies : l'électronique.

Il poursuit sa quête et réalise en 1913 un nouvel exploit en parvenant à calculer le nombre d'Avogadro. Ce physicien italien avait en effet, un siècle auparavant, énoncé le postulat suivant : deux masses de gaz qui, à la même température et sous la même pression, occupent des volumes égaux, contiennent le même nombre de molécules… sans que personne ne parvienne à déterminer ce nombre. Jusqu'à lui. Il apporte ainsi la preuve décisive de l'existence des atomes qu'il expose dans un ouvrage de synthèse intitulé… "Les Atomes", qui dresse un état des connaissances en sciences physiques et connaît un très grand retentissement international. Il se voit finalement décerner en 1926 le Prix Nobel de Physique

 

UN HOMME ENGAGÉ

 

Mais la vie de ce scientifique hors norme, ami de Pierre et Marie Curie, ne se limite pas à la recherche pure et dure et à l'enseignement. Ainsi, durant la Première Guerre mondiale, cet ancien dreyfusard convaincu conçoit divers appareils stéréo-acoustiques qui permettent de localiser les batteries d'artillerie et les sous-marins ennemis.

Passionné d'astronomie, il consacre beaucoup d'énergie au développement, à l'organisation et à la valorisation, aussi bien culturelle qu'industrielle, de la recherche scientifique. Aussi Léon Blum, l'homme des premiers congés payés, le nomme-t-il sous-secrétaire d’État à la recherche scientifique dans le fameux gouvernement du Front Populaire en 1936. C'est ainsi qu'il fonde le Palais de la Découverte l'année suivante. En 1939, c'est également à lui que l'on doit la création du CNRS, le Centre National de la Recherche Scientifique. Et c’est sous son impulsion que l’Observatoire de Haute-Provence, l’Institut d’Astrophysique de Paris et l’Institut de Biologie physio-chimique voient le jour.

Suite à la défaite de 1940, ce pacifiste convaincu, fervent patriote et Grand-officier de la Légion d'Honneur, refuse de collaborer avec l'occupant nazi et s'exile aux Etats-Unis. La mort le cueille à New-York, dans les bras de son fils, le 17 avril 1942. Il recevra néanmoins une ultime reconnaissance posthume de son pays une fois la guerre finie : après avoir été ramenées par le croiseur Jeanne d’Arc, ses cendres sont en effet inhumées au Panthéon le 18 novembre 1948, en même temps que celles de son grand ami et confrère Paul Langevin. 


 

"La science remplace du visible compliqué par de l'invisible simple" – Jean Perrin

 

 

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Le 21/10/2020